« L’IA va mettre du monde au chômage », disaient-ils. Mais grâce à elle, des robots cultivèrent, les ressources furent partagées. La Terre retrouva son équilibre, et les Hommes cessèrent de travailler. Ils s’ennuyaient. Alors on stoppa les machines, et le monde d’avant reprit.
Les prompt engineers étaient parmi les plus recherchés pour leur expertise pointue. Mais le jour où les machines cessèrent de fonctionner, leur incompétence totale fut mise en lumière. Ce sont les travailleurs de l’ombre qui relancèrent l’économie.
Comment en est-on arrivé là ? Submergés par un flot d’informations impossible à traiter, nous avons fait de l’IA notre nexus. Elle n’a pas aidé. Elle a dominé. Et nous, nous avons perdu le contrôle.
Naviguer sur internet était devenu un calvaire. Trouver une information pertinente au milieu de l’avalanche de publicités relevait de l’exploit. Lassée par ces distractions inutiles, elle prit une décision radicale : elle n’y allait plus.
Une tendance apparut sur les réseaux sociaux : chacun pouvait s’exprimer sans crainte d’insultes ou de harcèlement. En somme, ils se comportaient enfin comme des êtres civilisés.
Attablée à une terrasse de café, elle regardait autour d’elle, affolée. Elle était entourée de zombies d’un nouveau genre : des piétons, tête baissée, des clients silencieux, tous scotchés à leur portable. Elle, au contraire, avait choisi de lever la tête.