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Nelly AJA

Accueil · Microfictions

Relations

24 textes, à lire à la suite dans l'ordre de leur numéro.

Microfiction numéro 062

Il avait ce don d’énerver tout le monde dès qu’il ouvrait la bouche. Trouvant la situation déplaisante, il décida de se taire. Mais ça ne marcha pas : un simple regard suffisait à froisser les plumes de chacun.

Microfiction numéro 063

Chaque fois qu’il passait devant son bureau, elle était troublée, son cœur s’emballait. Rester concentrée était devenu presque impossible, un véritable challenge quotidien. Après des nuits blanches à y penser, elle conclut qu’il ne lui restait qu’une option : démissionner pour retrouver la raison.

Microfiction numéro 064

Elle entra, le repéra aussitôt. Saisissant un exemplaire, elle griffonna un mot et s’avança. Avec un sourire, elle lui tendit le livre. Il lut, releva les yeux : « Au nom de ? » « Kalie. » Elle paya, s’éclipsa. Seule enfin, elle lut : « Dîner ce soir, 20h ? » Elle sourit. « Avec plaisir. »

Microfiction numéro 065

— Être introvertie, c’est comme manquer de sommeil en permanence. Ce n’est pas que je ne veux pas venir, c’est que j’ai besoin de beaucoup plus de repos que toi. Et là, je suis fatiguée, tenta-t-elle d’expliquer.
— T’as qu’à venir après ta sieste.
Elle acquiesça, dépitée. Il n’avait rien compris, comme d’habitude.

Microfiction numéro 066

Fatiguée des longues conversations, elle faisait tout pour les écourter.
— Comment s’est passée ta journée ?
— Que veux-tu dire ?
— Ben, as-tu passé une bonne journée ?
— Oui.
Elle excellait dans cet art, et les réactions déconcertées de ses interlocuteurs l’amusaient énormément.

Microfiction numéro 067

Souvent déçue, elle avait pourtant offert des secondes chances. Mais désormais, elle ne pardonnait plus les trahisons. Elle tirait la chasse, reléguant les amitiés brisées au passé, et ne regardait jamais en arrière.

Microfiction numéro 068

Un bruit la tira du sommeil. Cette fois, elle en était certaine : quelqu’un était entré chez elle. Elle ouvrit les yeux et vit une ombre dans l’encadrement de la porte. Son cœur s’arrêta. « Y’a quoi à manger ? » Elle soupira, ferma les yeux et tenta de se rendormir.

Microfiction numéro 069

Elle bâtit une forteresse pour se protéger. Mais une faille restait. L’impact de ses mots atteignit son cœur, brisant la forteresse.

Microfiction numéro 070

Elles étaient le reflet parfait l’une de l’autre : physiquement identiques, mais opposées. Droitière et gauchère, solitaire et extravertie. Pourtant, elles se complétaient. Séparées, elles dépérissaient. Ensemble, elles étaient invincibles.

Microfiction numéro 071

Elle obtenait tout avec sa voix onctueuse. Homme ou femme, chacun s’exécutait, comme envoûté. Ce pouvoir, elle le maîtrisait à la perfection et l’usait sans la moindre retenue.

Microfiction numéro 072

Enchevêtré dans ses mensonges, il n’arrivait plus à distinguer le vrai.
Il mentait tant que son esprit devint un labyrinthe de vérités et de mensonges enchevêtrés. Incapable de raconter deux fois la même histoire, il vit la confiance et ses amis lui échapper.

Microfiction numéro 073

Elle plongeait dans son regard, s’y perdant comme dans un labyrinthe. Chaque détour dévoilait ses peines, ses joies, ses secrets. Il ne pouvait rien cacher : ses yeux racontaient tout. Elle aimait particulièrement chez lui cette vulnérabilité.

Microfiction numéro 074

Sa maison était un véritable lieu de passage. Tout le monde y passait sans prévenir. Ne supportant plus ces visites intempestives, elle trouva un nouveau refuge pour être enfin tranquille.

Microfiction numéro 075

La soirée touchait à sa fin. Elle rêvait de rentrer quand il s’assit en face d’elle. Humble, modeste… et surtout, il l’écoutait vraiment. Pour la première fois de la soirée, elle se sentait vue. Ce speed dating n’était peut-être pas une si mauvaise idée.

Microfiction numéro 076

Avec l’obsolescence programmée, l’amour ne durait plus que cinq ans. Devenu un bien de consommation comme les autres, il était désormais un produit à usage limité, destiné à être remplacé, passant de coeur en coeur sans fin.

Microfiction numéro 077

Elle sentit son regard posé sur elle. Elle quitta le bar, sortit une cigarette. Une main tendit un briquet. Ils discutèrent. « Tu rentres avec moi ? » murmura-t-elle. Le lendemain, au bureau, elle le croisa dans l’ascenseur. Elle le salua, puis sortit sans un mot.

Microfiction numéro 078

La maison était trop bondée. Ils avaient décidé d’organiser un réveillon, mais chaque invité était venu accompagné. Au final, il n’y eut pas assez à manger, et tout le monde, frustré, rentra chez soi avant même que minuit ne sonne.

Microfiction numéro 079

De nature émotive, ses yeux luisaient de larmes à la moindre contrariété. Pour cacher cette faiblesse, elle portait toujours des lunettes de soleil, prétendant souffrir d’une hypersensibilité à la lumière.

Microfiction numéro 080

À chaque coin de rue, elle croyait reconnaître sa silhouette. Une ombre furtive, un manteau familier, une démarche trop semblable à la sienne. Mais il fallait se rendre à l’évidence : il ne reviendrait plus. Tourner la page ne serait pas simple, mais elle devait s’y résoudre.

Microfiction numéro 081

Pour célébrer le passage à la nouvelle année, tout le monde cherchait à se réunir en famille ou entre amis. Elle, par un subtil numéro d’équilibriste, s’arrangeait pour n’être invitée nulle part, sans que personne ne s’en aperçoive. Ainsi, elle pouvait savourer sa solitude, un plateau repas et un bon livre.

Microfiction numéro 082

Il dormait paisiblement. Elle, impossible de fermer l’œil. Comment dormir aux côtés d’un étranger ? « J’ai fait une erreur », avait-il dit. Non, c’était un choix. Il avait été son confident, son ami, son amant. Désormais, elle dormirait seule.

Microfiction numéro 083

Leurs regards se croisèrent lorsqu’il s’assit en face d’elle. Un sourire fut échangé.
Le coup de foudre. Était-il possible de tomber amoureux dans un train à grande vitesse ? À destination, ils se quittèrent, sans un mot, leur histoire à peine commencée.

Microfiction numéro 084

Il arracha une page du livre. L’auteur y avait griffonné un mot pour lui. Quelques mots à peine, mais lourds de sens. Il ne pouvait garder le livre, mais cette page, fragile et précieuse, était tout ce qui lui restait d’elle, un fragment de leur histoire.