Les phares fendirent l’obscurité. Les mains agrippées au guidon, elle filait à vive allure.
À l’entrée de la vieille ville, elle ralentit. Elle scrutait chaque recoin quand elle les aperçut dans une ruelle sombre.
Six silhouettes entouraient une femme apeurée.
Elle arrêta sa moto à quelques mètres et mit pied à terre.
Elle se dirigea vers le groupe, le manche de son katana dépassant derrière son épaule.
Le plus grand, un géant de plus de deux mètres, sortit un couteau en la voyant arriver.
— Il est encore temps pour toi de faire demi-tour, ma belle. Tu risques de te blesser, ricana-t-il.
Elle ne répondit pas.
Elle dégaina son katana et abattit la lame sur le géant.
Il s’effondra, les yeux écarquillés. Sur sa gorge, une ligne rouge s’élargissait déjà.
Les autres se précipitèrent dans sa direction, arme au poing.
La femme en profita pour filer sans s’inquiéter du sort de la motarde.
Elle contra les premiers coups. Mais bientôt la fatigue se fit sentir.
Ses gestes devinrent plus lourds, moins précis.
Un coup dans les côtes la plia en deux. Elle laissa échapper un gémissement.
Un poing au visage la fit vaciller.
Un goût métallique envahit sa bouche.
Elle dévia la lame suivante, repoussa son assaillant contre les autres et reprit l’avantage.
Le dernier adversaire s’effondra dans un râle.
Le silence revint. Elle n’entendit plus que sa propre respiration, laborieuse.
Elle essuya sa lame sur le veston du géant, puis retourna vers sa moto en boitant.
À l’abri dans son appartement, elle versa plusieurs sacs de glaçons dans la baignoire avant de faire couler l’eau.
Elle s’immergea lentement dans l’eau glacée.
L’eau se teinta de rouge tandis que ses blessures commençaient à se refermer. La douleur s’estompa peu à peu.
Elle s’adossa à la paroi de la baignoire, ferma les yeux et laissa le froid faire son œuvre.
Pendant que son corps récupérait, elle pensait déjà à la nuit suivante.
Elle savait que d’autres viendraient, tels des nuisibles.
Cette guerre contre le crime ne finirait jamais.
Et elle n’était pas certaine de vouloir qu’elle s’arrête.